Lire...

Publié le par Fanny et Mathilde.

Parce que certains livres nous ont marqués, parce que c'est aussi au travers de nos lectures que notre envie de partir s'est concretisée, parce que lire nous ouvre l'imaginaire. Voici une rubrique qui sera enrichie au fur et à mesure de listes de livres ou d'extraits particulièrement révélateurs...


                                              

 

 

"Les hommes, au fond, ça n'a pas été fait pour s'engraisser à l'auge, mais ça a été fait pour maigrir dans les chemins, traverser des arbres et des arbres, sans jamais revoir les mêmes, s'en aller dans sa curiosité, connaître.
C'est ça, connaître."
Jean Giono, "Que ma joie demeure"

 

 

 

Le Kalevala est le fruit de voyages de Elias Lönnrot (1802-1884), de profession médecin, mais particulièrement intéressé par la langue et le folklore finlandais (il fit son doctorat sur la médecine populaire finlandaise). La vieille tradition orale populaire vivait encore à l'est (en Carélie) et c'est principalement dans cette région qu'il entreprit de voyager souvent entre 1828 et 1834, pour rassembler le matériel qui allait former la base de son épopée. Il fixa son cabinet médical à Kajaani, à la frontière de la Carélie.

 

Le premier résultat fut appelé le Proto-Kalevala de 1833 (à vrai dire Runokokous Väinämöisestä, ensemble de poèmes sur Väinämöinen). Deux ans plus tard, apparut le véritable Kalevala (en entier Kalewala taikka Wanhoja Karjalan Runoja, Kalevala ou Anciens Chants de Carélie). Cette première version, l'Ancien Kalevala de 1835, était composé de 32 chants avec 12 078 lignes versifiées et fut édité par la Société Littéraire Finnoise (Suomalaisen Kirjallisuuden Seura), dont Lönnrot était l'un des fondateurs. La date d'achèvement de cette version, le 28 février, a en Finlande le statut de Jour du Kalevala.

Au Kalevala succédèrent les moins connus Kanteletar (1840-41), aussi le résultat de recherches de terrain en Carélie. En 1849, Lönnrot acheva le Nouveau Kalevala, qui comptait 50 chants et 22 795 lignes versifiées, et était donc près de deux fois aussi important. L'apport personnel de l'auteur Lönnrot dans cette nouvelle version était plus important que dans la version originale. Le Nouveau Kalevala fait aussi montre de beaucoup plus de logique interne.

Dans la période entre 1835 et 1849 le Kalevala était déjà traduit et Lönnrot avait atteint son but : montrer que, du sein d'une petite nation, une épopée immémoriale, préchrétienne pouvait naître au même titre que l'Odyssée et l' Iliade des Grecs antiques ou le chant des Nibelungen des Germains.

 

«Tu te dis libre? je veux connaître les pensées qui prédominent en toi. Ce n'est pas de savoir si tu as échappé à un joug, qui m'importe : est tu de ceux qui ont le droit de se soustraire à un joug? Nombreux sont les hommes qui perdent leur dernière valeur quand ils cessent de servir. Libre de quoi? Qu'importe cela à Zarathoustra! Ton regard tranquille doit me répondre : libre pour faire quoi?»

 

 

Nietzsche, « Ainsi parlait Zarathoustra »

 

 

 

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