OPÉRATION TEST DU MATÉRIEL

Publié le par Fanny et Mathilde.

Rendez–vous pris à Bellegarde le vendredi 7 Août 2009, direction le pays Basque, pour le test de notre matériel officiel ! (cf. notre liste actualisée)
Départ pour Montpellier dans la foulée afin de compléter le paquetage : 1 T-Shirt petit-bateau et surtout notre mini bouteille d'huile d'olive (j'aimerais bien voir les Bretons avec une plaquette de beurre dans le sac ...), du lard, deux oeufs , du jambon cru, un fromage de chèvre chacune, du millet (non pas la marque, mais des « graines à oiseaux » excellentes au PDJ !), un gros pain bis, et de la crème d'amandes !

Ainsi équipées, nous nous hâtons de quitter la ville, dont l'air asphyxie, pour rejoindre notre point de départ en stop.
Mais la lumière du soleil commence à se teinter de doré puis d'orangé, tandis que les ombres s'allongent : l'après-midi touche à sa fin. Nous n'irons donc ce soir que jusqu'à Béziers, où un couple de Biterrois nous dépose à la sortie d'autoroute, qui se perd heureusement dans la vigne et les chênes verts, ce qui aurait pu nous permettre de passer une bonne nuit ...
Après nous être sustentées, nous sortons nos duvets souples et douillets, mais prévus pour les grands froids : il fait alors 23 degrés à Béziers, mais peu importe, nous nous glissons simplement dans nos sacs à viande laissant le sac de couchage ouvert.
Pas moyen de fermer l'oeil : « Éteignez moi ce lampadaire !!! » La pleine lune vient en effet troubler notre sommeil de sa froide clarté ! Et, quand enfin quelqu'un éteint notre lampadaire, c'est pour laisser tomber une petite pluie. Nous sommes sur le pied de guerre, pas question de laisser la pluie, après la lune, nous voler les quelques heures de sommeil qu'il nous reste ! Nous montons donc pour la première fois notre tente en conditions réelles ! L'espace d'herbe où nous nous trouvons n'est pas bien large et si nous empiétons autour, nous risquons de déchirer le tapis de sol dans les ronces.
Finalement cette tente est magnifique ! (et nous le vérifierons souvent par la suite !) : étroite et légère, elle permet de se monter à n'importe quel endroit, on peut la déplacer une fois montée afin d'ajuster la position ou de choisir un meilleur sol, une meilleur pente ou une meilleure vue !


Inutile de préciser que la pluie ne dura que le temps de monter la tente mais nous finîmes quand même, par orgueil, le reste de la nuit sous l'abris, dans la tente, comme dans une étuve !
Le lendemain nous préparons notre solide petit déjeuner qui allait nous permettre de tester notre gamelle de compétition, dans laquelle l'eau boue à un temps record et où les aliments n'attachent pas. Considérons que ce petit déjeuner devait nous donner l'énergie nécessaire à cette matinée exténuante à tendre le pouce au bord des routes à la quête de l'âme généreuse qui allait nous permettre de joindre le Sud Ouest !


Voitures après voitures, nous arrivons à Hendaye en ce début de soirée couvert, mais chaud. Hendaye est la ville à l'extrême Sud Ouest français.
Hendaye et son urbanisation, Hendaye et ses plages sans savon !
Heureusement l'hospitalité Française et surtout Basque n'est pas perdue. A la recherche d'un bout  d'herbe à l'abri du passage pour planter notre tente, c'est la dame aux géraniums qui nous a accueillie : nous apprîmes pas la suite qu'elle se nommait Maité, qui signifie « aimée » en Basque, et qu'elle avait fait le tour du monde accompagnée de son mari. Pour l'instant, elle nous proposait une bande de gazon sur une terrasse de son jardin en pente, une bonne douche et son fil à linge où nous pouvions faire sécher nos serviettes. Nous refusions la douche par politesse, alors elle nous fixa rendez-vous le lendemain matin pour le petit déjeuner. Nous étions prises au piège, pas moyen de refuser.
Au petit jour, nous pointons le bout du nez hors de la tente, le temps était toujours chaud, couvert et humide mais parfumé d'une légère odeur de pain grillé et de café ... Maité nous attendait, elle nous proposa une douche, que cette fois nous ne pûmes refuser par politesse, mais aussi à cause de la moiteur de l'air. Une fois propres et présentables, nous passions à table pour goûter la merveilleuse confiture de prune et gelée de pomme du jardin sur du pain encore chaud et trempé dans un café brûlant. C'est là que nous fîmes réellement la connaissance de Maité, qui s'occupe encore à son âge de louer une partie de sa maison aux vacanciers qui ne manquent pas de tomber sous le charme de la région, et de cette femme extraordinaire que fût notre hôtesse !
Vers 11H30, nous étions fin prêtes pour le départ, le vrai, celui où nous allions enfin pouvoir marcher.
Après les dernières recommandations de celle qui était presque devenue, le temps d'un café, pour nous une grand-mère, nous quittons Hendaye par le GR qui mène à Sare : le GR 8.


Le temps est toujours aussi lourd et nous sommes très vite redevenues moites, mais enfin, nous quittons la ville pour gagner la campagne puis la montagne !
Premier arrêt pour déjeuner, dans un tout petit village, où nous nous émerveillons de l'Architecture ou plutôt de l'urbanisme qui donne vie à ce hameau : un fronton qui sert de place publique lorsque les joueurs ne sont pas là. La zone de jeu est directement délimitée par une grosse bâtisse d'un côté, et des gradins, qui permettent d'assister aux matchs de pelote, de l'autre.
Sur cet ensemble se côtoient le jeu avec le fronton, le sacré avec l'église et son cimetière, l'espace domestique avec les maisons, et l'espace public avec l'Hôtel qui sert de bar et de restaurant.
Petit passage au cimetière où de magnifiques croix basques dénotent d'un ancrage encore fort dans la tradition.
Puis de villages en chemins et de chemins en villages, nous arrivons au pied de la Rhune, « le » sommet Basque ! Une pause, puis un Basque.  Après quelques mots échangés, notamment sur mes origines lointaines Basques auxquelles il veut bien croire à cause de la forme de mon nez (!!) , il nous conseille de monter à la Rhune même si le temps ne s'y prête guère car, de là haut, le paysage est magnifique et, à ce qu'il paraît, nous pouvons voir de Hendaye jusqu'à Biarritz en passant pas St- Jean-de-Luz et Sare.
Notre décision est prise, nous grimpons ! Nous rencontrons parmi les fougères des pottoks (prononcer pottiok) qui sont des petits chevaux sauvages, des poneys primitifs, en voie de disparition car repoussés par l'homme qui en fait de très nombreux croisements.
Les pottoks ne sont pas seuls maîtres de l'espace : plus haut, nous observons de très nombreux vautours qui tournent inlassablement dans le ciel à la recherche de la moindre charogne. Enfin juste avant l'ascension finale, un troupeau de brebis pait dans l'herbe rase mais grasse de cette petite montagne.
La dernière montée est bétonnée, à bras d'homme sûrement, car la route est irrégulière et l'on voit difficilement des engins de terrassement monter à cette altitude, et surtout sur une pente aussi forte. L'altitude est silencieuse, seuls les cris des vautours viennent troubler cette pâle quiétude. Nous voyons au dessus de nous, telle une forteresse, la bâtisse dont nous ne connaissions pas encore la destination de ses installations, mais qui nous paraît d'une blancheur austère.
Nous sommes seules sur la route immense qui monte au sommet, les bourrasques de vent font s'évaporer les nuages qui se reforment aussitôt plus loin et nous sommes tantôt en plein soleil, tantôt dans une grisaille opaque qui, malgré l'effort, nous glace la sueur.
Soudain, des promeneurs en jean et chaussures de ville, des familles avec des petits enfants font leur apparition ! Notre fierté d'avoir gravi tout ce dénivelé laisse place à l'étonnement, comment avaient-ils pu arriver là sans voiture, ces gens de la plaine ?
Bien vite nous vîmes que la bâtisse qui, du bas, nous semblait être un observatoire d'altitude ou une base secrète, n'était autre qu'une brasserie, des magasins de souvenirs, et une antenne de transmission ; en effet, un petit train à crémaillère montait sur l'autre versant depuis la vallée tous les touristes en tongs et bermudas.
Deux mondes se côtoyaient là : le nôtre et celui de tous les jours : beaucoup moins original et libre. Je crois que cette phrase d'Ernst Jünger nous traversa l'esprit pendant notre déjeuner : " Un abîme nous sépare de ceux qui se battent pour un bien être matériel."


Mais la vue était magnifique. Par intermittences, nous pouvions voir à travers les nuages le panorama qu'offre le sommet : une vue dégagée sur les territoires environnants de la Basse-Navarre, de la Navarre, du Guipuzcoa, et de la Côte Basque bordée par le golfe de Gascogne depuis Saint-Sébastien jusqu'à l'embouchure de la rivière Adour puis les Landes.
Nous ne sommes pas étonnées d'apprendre que, de ce paysage grandiose et mystérieux à la fois, où les brebis à tête noire, les pottoks et les vautours se côtoient, où de grosses pierres plates ou ovales s'effacent et réapparaissent dans la brume et où le vent siffle, que la Rhune, dominant le Labourd, fût la scène de nombreuses légendes.
L'une d'entre elles raconte que dans ses entrailles vivait un serpent à sept queues, appelé lehen sugea. Un jour, il cracha des métaux nobles qui se trouvaient dans la montagne. L'or et l'argent sont descendus par les pentes de La Rhune, formant des rivières ardentes qui ont rasé les forêts de la zone. Ce serait l'explication de l'absence de forêts dans le Labourd.
De retour sur terre, en plaine, la vie était douce et facile : des villages magnifiques emplis de touristes, des rivières pour se laver, nous succombions aux charmes du pays ! Pour la première fois nous assistions au jeu de pelote Basque à St-Pée-sur-Nivelle, où les points sont encore chantés en Basque. Nous discutons avec l'arbitre chanteur, qui nous expliqua les règles très simples du jeu de Chistera. Nous nous prenons au jeu et prévoyons le programme des jours restants en fonction d'un grand Chistera qui aura lieu à Bidart dans deux jours. Nous en sommes encore loin, mais là encore, le stop se révéla salvateur et nous permit de rejoindre le sentier côtier à Anglet, juste un peu au nord de Biarritz. Il nous fallait donc être le lendemain à Bidart ... maintenant nous avions le temps !


Nous décidâmes de longer la côte en profitant du spectacle de l'Océan. Le temps était enfin au beau et la plage nous attira plus d'une fois, mais le but était fixé et nous marchâmes jusqu'à Bidart, où il nous fallu, une fois de plus, demander un bout de pelouse à l'habitant. Encore une grand-mère Basque qui fut ravie de prêter son jardin à deux jeunes filles qui, en plus (!), venaient expressément à Bidart pour assister au grand chistera du soir ! On vint même nous prévenir que si nous ne finissions pas rapidement notre dîner, nous risquions d'être en retard ! Alors nous laissâmes tout de côté, nous promettant de finir cette affreuse pâtée au confit d'oignon de piètre qualité au petit-déjeuner, et partîmes en courant au match ... les meilleurs mondiaux n'attendent pas ! Nous ne fûmes pas déçues ! Les joueurs communiquent entre eux, la pelote fuse, l'arbitre ne chante pas cette fois-ci, mais commente ce match dynamique et semble être ouvertement pour les rouges, faisant pester les bleus de cette préférence déclarée, les joueurs se fatiguent, mais la pelote repart toujours aussi vite pour venir frapper le fronton de plein fouet avant de se retourner vers l'adversaire ! Aire !! (à la volée), nous entendons les joueurs parler entre eux, les chaussures crisser sur le sol lisse et dur, la sueur coule et le joueur qui se trouve au fond du terrain et qui doit renvoyer la pelote jusqu'au fronton montre une force basque exemplaire ! Enfin, le match se finit avec un écart de point très faible, les meilleurs ont gagné et chacun souffle enfin, discute du match tout en retournant chez lui. Nous rentrons nous coucher dans notre petite tente, la tête pleine de Aire ! (à la volée), Utzi ! (laissez), Gibel ! (derrière) ou Bai ! (j'y suis) ... Nous gagnons bien vite notre sac de couchage car le lendemain Hendaye nous attendait pour écouter des polyphonies, seule chose qu'il manquait au programme pour découvrir ce pays Basque, et son peuple de chanteurs !


Aujourd'hui de retour, nous inspectons notre paquetage qui s'est plutôt bien comporté dans l'ensemble pendant la marche, seules les chaussures de marches s'affaissent vers l'intérieur au niveau de la semelle, dommage il va falloir en changer ! Quand au sac à dos, Mathilde n'est pas entièrement convaincue de la qualité du portage, pour moi c'est bon, je valide mon sac de 60 +10 litres !


Publié dans La préparation

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France 29/10/2009 15:37


Merveilleux!!!C'est magnifique!!


Sterenn 23/09/2009 13:08


Oh, pour le beurre, ce n'est pas trop difficile, c'est pour la crème de caramel au beurre salé que c'est plus embêtant : comment résister à l'appel de la crêpe au caramel ?


Fanny et Mathilde. 07/09/2009 16:41

Non, Marion, le sac est un Lafuma 60+10L ... au moins j'ai une poche ceinture et il n'est pas si mal !
Concernant la cuillère, elle est top, mais à éviter dans l'huile bouillante ! ^^les nôtres sont déjà fondues, je viens d'ailleurs d'acheter une petite cuillère en bois d'olivier (Sud oblige!) pour la cuisine !

marion 07/09/2009 14:47

Quid de ton sac au final Fanny? Le même que moi?

Marion 07/09/2009 14:44

Au final cette fourchette du vieux campeur est absolument génial... Dans le Connemara je penserai bien à vous quand je mettrai un bon coup dedans!