Lundi 12 juillet 2010, Ahun

Publié le par Fanny et Mathilde.

Depuis que nous sommes parties de la Dureaudière, les kilomètres défilent. D'abord avec Edouard et Thibaud qui nous accompagnent jusqu'à ce que nous rejoignons Alix.

Avec les deux garçons, nous partons sous la pluie : parkas et guêtres sont de rigueur ! Mais l'orage est local et s'arrête bien vite, et bientôt nous picorons sur le bord de la route ces petites cerises aigrelettes, presque transparentes : les cerises de Montmorency. Thibaud et Mathilde m'en vantent les mérites, c'est la variété avec laquelle leur grand-mère fait d'excellentes confitures et de très bons clafoutis... j'ai hâte de goûter, car dans quelques jours nous serons chez eux, à Joué les Tours pour une pause bien méritée. En attendant, nous marchons sur les petites routes de campagnes, discutant gaiement.

L/ Marche à 4!

Un soir, alors que nous ne pouvons traverser un camp militaire, nous montons notre bivouac dans une vigne (ça y est nous voici de retour en pays civilisé!). Alors que nous dînons, un monsieur du coin passe en bicyclette :

-"Alors les jeunes ! Vous campez ?!"

-"Oui, on fait un Tour d'Europe en marchant, sur les traces des légendes Européennes, vous en connaissez?"

-" Ouf ! ... Ya ben l'château, d'mon temps, à votre âge, on allait explorer les souterrains !"

-"Ah?! Il y a un château?!"

-"Pardi, il est là, derrière les arbres !"

Sourires complices

-"Et ils vont où ces souterrains?!"

-"Bah, ils sont coupés, effondrés, mais ils devaient rejoindre l'autre château que vous voyez au loin !"

L'homme s'éloigne maintenant, il rentre chez lui. Nous nous regardons...

-Ça vous dit une petite explorations des environs?!"

Après le repas, dès que la nuit est tombée, nous enfilons notre "haut petit lutin", et nous enfonçons dans la forêt interdite, celle du camp militaire. Nous suivons d'abord un chemin qui ne nous conduit nul part : demi-tour, nous pensons au portail en bois : qui dit portail dit entrée de quelque chose. Retour sur la route, à l'aide de nos frontales, on éclaire le portail sur lequel un écriteau indique "La Bouchardière, danger,accès interdit au public"... ça commence à être intéressant. Le club des quatre est à l'oeuvre !

N/ nuit au château, eh! Jack, tu n'as pas entendu un bruit?

Nous franchissons le portail et nous enfonçons dans la forêt de nouveau. un cabanon abandonné plutôt glauque nous accueille, il n'a rien du château dont l'homme au vélo nous parlait, nous poursuivons. Soudain sur la gauche, une silhouette imposante apparaît, nous bifurquons, c'est bien lui. Il se découpe dans le ciel bleu nuit. Il est envahi par les ronces et les orties et nous avons beau tourner autour : pas l'ombre d'un souterrain, ni même celle d'un trou ! Un peu déçus nous faisons de demi-tour et décidons d'aller dormir. Nous repassons le portail en bois, cette fois, le bois vermoulu ne résiste pas à nos quatre passages et une planche se débine emportant Thibaud dans sa chute. Heureusement, celui-ce parvient à se rétablir et cela se fini dans un grand fou-rire. Edouard n'a plus qu'à se glisser par l'ouverture provoquée par l'absence de la planche pourrie. Nous essayons, avant de partir, tant bien que mal de réparer la casse en remettant la planche.

Cette fois au lit, demain Alix nous attend !

Le lendemain est tout aussi épique car la route qui traverse la forêt est fermée : des tirs d'exercice ont lieu et nous devons contourner, et à pied, c'est long !

Nous rejoignons finalement Alix en début d'après-midi à Fontevraud, où nous visitons l'abbaye.

Q/ Visite de l'abbaye de Fontevraud

Ici nous rêvons tous les cinq d'en faire une école, refaire les jardins, avoir des animaux, pouvoir faire du sport dans le parc, décorer les grandes salles avec de grands étendards, avoir des tablées énormes et cuire des sangliers dans une grande cheminée ! Bref nous rêvassons. Puis il est temps de nous séparer. Les garçons redescendent dans le sud pendant ques les filles poursuivent la longue marche du tour d'Europe.

Le soir même, nous sommes dévorées par les moustiques et Alix fini enroulée dans sa bâche malgré une chaleur épouvantable, le lendemain, nous nous rendons compte qu'à l'office de tourisme on nous a mal indiqué le chemin. Puis nous traversons des forêts immenses, en suivant les fameuses routes forestières aux noms qui font rêver : celle de Xaintrailles ou de Louis XI, Charles de Blois ... etc. Nous visitons le château d'Azay le rideau, nous faisons une escale chez Carole et Philippe du clos Avalon ou nous profitons d'un peu de fraîcheur dans leur ancienne maison aux murs bien épais. Il est vrai que le soleil tape fort ! Le soir la tête tourne et nous avons les jambes collantes dans le duvet.

Au clos Avalon, on nous photocopie une carte au 1/25 000 ème. La carte nous guide rapidement dans la campagne, quel bonheur de marcher avec ce genre de guide ! Un chemin est coupé, mais nous finissons par en retrouver la trace. Soudain, le bruit d'une route se fait entendre, étrange ... rien n'est indiqué à cet endroit sur la carte... nous finissons par buter sur l'autoroute ce qui nous renseigne sur la vétusté de la carte. Il va falloir maintenant se débrouiller pour traverser la voie qui se trouve d'ailleurs quelques mètres au dessus de nos têtes sur un talus rempli de ronces. Nous suivons un ruisseau qui passe sous l'autoroute. Celui-ci nous mène de l'autre côté, il faut se courber, le sac balant, sur une épaule, en ayant garde de ne pas le poser au sol où une épaisse couche de boue laisse couler un filet d'eau.

U/ Stage commando du tour d'Europe : passage courbé sur 2 fois 50m avec sac sur une épaule

C'est des toiles d'araignées plein les cheveux, les pieds crottés et dégoulinantes de sueur que les grands-parents de Mathilde et Alix nous récupèrent juste avant Joué les Tours.

Chez eux, nous passons cinq jours de repos : douches / lessives / bons repas ...etc. les vacances ! A Tours nous faisons une intervention à la maison de l'Europe, qui nous avait organisé une petite exposition photos pour l'occasion.

Alix repart chez elle, dans le sud. La prochaine fois que nous nous verrons, ce sera la fin ! Après Tours, en effet, nous calculons nos jours de marches. D'abord, nous suivons un GR. Sur la carte, il file assez droit et nous permet de rejoindre l'Aubrac sans cartes. Seulement en suivant des marques et sur des chemins. Le bon plan direz-vous?! ... Et bien pas tout à fait : le premier jour, après 40 km. sur le GR 46, nous sommes toujours à 15 km. du départ du matin, le deuxième jours 40km. également, le GR ne cesse de faire des détours. Nous sommes un peu découragées, 40km. ce n'est pas rien, surtout sous un soleil de plomb. Finalement, nous décidons de couper par la voie de chemin de fer Tours / Chateauroux. Il fait chaud, du sol émane des odeurs de goudron. Les trains ne passent plus depuis peu, mais les rails sont encore là pour des raisons de stratégie militaire. Nous les suivons comme des mécaniques, marchant au pas sur les travées de bois.

G/ Sur le rail toute la journée!

Le troisième jour nous décidons d'acheter des cartes routières, deux nous suffisent jusqu'à Aubrac et nous pouvons établir un parcours plus court, en une ligne droite orientée Sud / Sud / Est : plus de 400km. sur des petites routes, et (oh!) surprise, nous passons par le Sellier, notre maison scoute! Il n'y aura sûrement personne, mais nous saluerons nos terres !

Aujourd'hui, nous sommes à Ahun, petite ville de campagne où nous avons pu trouver internet pour vous donner quelques nouvelles, sûrement les dernières avant notre arrivée .... quoi que, qui sait ...

Mathilde a bien du mal avec ses chaussures percées, bientôt la semelle serra complètement ouverte sur ses chaussettes. En attendant dès qu'elle trouve du goudron suffisamment ramolli par le soleil sur la route, elle s'en enduit le pied en couche la plus épaisse possible pour limiter l'usure.

J/ Resemellage au goudron!!

Cette technique plus ou moins efficace nous est venue alors que j'expliquais à Mathilde que mes arrière grands-parents enduisaient de goudron leurs espadrilles pour limiter l'usure de la corde ... pourvu que ses chaussures tiennent aussi bien que les espadrilles de mes aïeux !

Avec la chaleur, nous développons une autre technique : les horaires de marches changent : réveil 7h, déjeuner à 13h, sieste jusqu'à 15h et nous marchons jusqu'au soir. Il faut se mouiller la tête fréquemment, se mouiller les bras et tout ce qu'on peut. En effet, sous le soleil, les kilomètres paraissent plus long, on étouffe, les pieds gonflent, sont humides, voir mouillés de sueur et les ampoules apparaissent. Par les petits villages traversées, il y a peu d'épiceries, pas facile de trouver de quoi manger, et les épiceries, à cause des normes nous dit-on, vendent la même chose que les supermarchés. Quel dommage de traverser ces campagnes si riches et de manger des produits si pauvres. Quel dommage ... oui ! Il y a deux jours, nous avons été accueillies dans une ferme, celle des Petitjean. Le maître de maison, installé depuis des génération dans cette même ferme nous racontait les yeux brillant comme autrefois l'entraide entre les paysans était importante !

-"Voulez que j'vous dise, ce qui tué tout ça, c'est la télé, avant, on allait aux veillées, à 4 km. d'ici, jusqu'à deux heures du matin. Et à 5heures, on était à l'ouvrage !"

La mécanisation la télé, les normes. Aujourd'hui, tout se vend, tout s'achète, sauf peut-être le bonheur ...

U/ Le coup de rouge du pti vieux!

Publié dans Carnets de voyage

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Julie Walz 24/09/2010 13:48


J'adooore votre video!! elle est super!! :) bravo! bisous, Julie


Hermine 31/07/2010 14:08


Bel article! J'aime beaucoup la fin :)
J'ai hâte d'entendre le récit de votre périple au grand complet!!
Gros bisous !


Tancrède Lenormand 21/07/2010 13:41


Bravo les filles,

Vous l'avez fait ! Comment est le retour à la vie sédentaire ?

Nous penserons certainement à vous 2, Loïc (le Suisse) et moi, durant notre périple à vélo sur les chemins de Prusse.


lina 20/07/2010 20:05


bonne marche,
et a bientôt j'espère


francois ferrand 16/07/2010 17:30


Finalement je serai au Sellier dimanche 25, lundi 26 et Mardi 27 juillet et je devrais faire un saut à Aubrac mardi...
Bises
FF


Madeleine 16/07/2010 14:14


Quel beau réçit... On s'y croirait! J'ai hâte de vous retrouver, le 29 j'éspère... Bon courage pour ces derniers kilomètres... :)


Ama et Cyrill 13/07/2010 02:53


Bon courage pour vos derniers km!! Ici aussi on a un soleil de plomb!! On pense à vous
Gros bisous


Kersabiec 12/07/2010 22:37


Excellente chute (et fin) ! Bonne continuation pour les "derniers" kilomètres...


François F 12/07/2010 18:36


Salut les Filles !

C'est drôle ça ! Ahun.... mon lycée aquacole ou j'ai passé 2 ans à étudier les poissons. La Creuse ce beau ports de pêche !!!!!!!!!!!

Je suis au Sellier du 23 au 25 juillet, pour les cléfs appelé moi je vous dirai ou elles se trouvent.

Bonne marche !

FF