Lundi 16 mai, Limerick

Publié le par Fanny et Mathilde.

Limerick, un jour de pluie...L'histoire aurait pu commencer comme ça, et bien non ! Nous avons,en effet, beaucoup de chance depuis notre arrivée dans ces contrées humides. Ne soyez donc pas étonnés de voir des photos bien éclairées par l'astre du jour... et pas trop jaloux, car nous avons, en effet appris, que chez vous l'hiver est revenu !

G/ Dans les Maumturks Mountains

Nous quittons Dublin dimanche 8 mai pour gagner rapidement la côte Ouest où nous avons rendez-vous avec Charles et Thibault, deux scouts Français partis 4 mois a l'assaut des chemins Européens. Il est 19H08 quand la voiture qui nous avait pris dans la banlieue dublinoise nous dépose dans la petite ville de Castlebar. Nous arrivons fatiguées, et rejoignons les deux amis avec qui nous ferons une courte veillée en bons scouts avants de se jeter dans les bras de Morphée. Le lendemain, et pour les jours qui viennent, nous décidons de suivre un chemin balisé qui traverse le Connemara.

Le Connemara, terre de légendes, balayée par un vent étourdissant l'esprit et captivant l'âme. Montagnes sèches, bruyère, tourbe, lacs aux reflets bleu, gris, noirs ou blancs. Chemins pierreux que l'on gravit avec peine, ou herbe rase et verte. Solitude au col, vertige de la grandeur des paysages, immensité de l'horizon.

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Cinq jours de marche à travers ces paysages. Tandis que nous parcourons le chemin dans sa totalité, les deux garçons font un détour par une abbaye plus au bord de la cote, qui leur permet également de reposer leurs pieds fatigués des premiers jours de marche... tout ça est bien loin de nous maintenant, nous cavalons sans même se préoccuper de nos petons cagneux !

Alors que nous marchons toutes les deux, une pluie fine se met à tomber, cette petite pluie fine qui détrempe son homme en moins de 5 minutes, et qui, suivant le vent, vient s'écraser en bourrasques sur nos frêles silhouettes encapuchonnées. C'est à ce moment là que nous perdons le chemin, au bord même du lac. La dernière borne aperçue nous indiquait pourtant tout droit. Des moutons lèvent la tête regardant bêtement ces deux marcheuses s'interroger sur le chemin à prendre. Nous décidons de suivre la rive du lac qui recroise plus loin le chemin. Parfois les berges font des détours ou viennent se jeter, abruptes, dans les eaux sombres du lac, nous obligeant à remonter bien haut pour passer. Les fougères nous mouillent les jambes, et, même si la pluie a cessé de tomber, nos pieds sont détrempés, surtout ceux de Mathilde, dont la nouvelle paire de chaussures devait arriver par avion, à Dublin, avec mes parents... maudit volcan !

L/ Dejeuner sous le regard d'une brebis

Puis lentement le chemin se liquéfie, rendant difficile la marche. La jambe de Mathilde est à un moment happée par un marécage, et lorsque je l'aide à sortir, je pars à la renverse, les fesses dans l'eau. Nous peinons à avancer, et quand nous décidons de déjeuner, nous voyons encore la pointe de terre que nous avons quitté quelques heures auparavant. Après le déjeuner, nous repartons, toujours sur les bords du lac, qui deviennent cette fois impraticables. Nous avançons lentement, soudain, le sol se dérobe sous mes pieds et je n'ai que le temps d'accrocher le sol ferme avec mes mains. La moitié de mon corps est dans un mélange immonde de boue, de vase et de je ne sais quoi. Mes pieds ne touchent pas le fond et c'est Mathilde qui me tire de ce mauvais pas.

M/

Nous rigolons bien fort, mes chaussures 100% étanches ne résistent pas cette fois. Nous contournons le marécage et gagnons bien vite la forêt ou le sol est plus ferme. Sur la clôture, nous trouvons une énorme arrête de poisson, avec des dents acérées et quelques mètres plus loin : un écriteau "Walk discontinued, Poison on land", nous avons l'impression d'évoluer en plein film d'horreur ! Mais nous continuons et retrouvons le chemin qui nous mène, sans encombres,à Oughterard, la fin du chemin de randonnée.

Le lendemain, nous rejoignons Thibault et Charles à Galway.

Galway est une ville assez mignonne, sur la mer. Le port de cette ville pourtant importante ne laisse apercevoir au loin  que de très rares voiles. Étrange pour un port de cette envergure.

Nous visitons le musée bien pauvre de la ville, quoique très bien présenté et allons passer la soirée dans un des pub les plus connus : le Monroe's pub. Nous finissons la soirée a écrire nos journaux de bord dans ce bain de foule, étrange contraste avec nos histoires pleine de la solitude des grands espaces naturels.

Courte pause à Galway, avant de gagner le "Buren-Way", longeant la cote jusqu'aux falaises de Moher. Notre amie Leda, la courageuse Leda, qui insiste pour porter nos sacs nous rejoint pour ces deux jours de marche. Elle est repartie hier soir de Limerick, les joues rouges, ce fameux teint des gens qui vivent dehors !

U/ Cliffs of Moher!

Tout a l'heure, nous repartons, toujours sur la côte , dans la région de "Dingle", Cork approche... La jeunesse est en marche !

Publié dans Carnets de voyage

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coat 15/06/2010 08:02


Bonjour et BRAVO !! à toutes les deux, pour cette performance humaine et sportive mon épouse et moi sommes vraiment admiratifs (journal Ouest France Finistère de ce matin) .


Marion 04/06/2010 00:28


Vous êtes passées par Doolin j'espère les amies!

Je pense bien fort à vous...


morgan 28/05/2010 14:51


Même si vous vous passez bien de nous, j'ai vraiment hâte de vous revoir... avec les joues rouges!


Ulrika 27/05/2010 11:55


Tant de jours sur nos terres d' Europe...Deux femmes...Une aventure extraordinaire ...Un mélange de photos, souvenirs, et de rêves inoubliables pour vous ainsi que pour nous...Un grand merci de
nous faire partager vos expériences. Beaucoup de pensées pour vous et profitez de ces derniers mois comme il se doit, je vous fais confiance! Je vous embrasse fort. Ulrika


Madeleine 23/05/2010 12:44


Nostaligique de lire ces quelques lignes quand je pense que j'aurais du être à vos côtés...
Fichu volcan certes mais surtout fichues compagnies aériennes hors de prix. Romain est surexcité à l'idée de vous retrouver demain... J'ai déjà fais quelques courses pour qu'il vous apporte un peu
des pensées de la jeune ménagère que je suis ;)
Aillez une petite pensée pour moi qui rejoindrais ma chaise de bureau que j'ai un peu trop tendance à chauffer!! L'action me manque, et l'idée de ne pas vous avoir vu, accompagné de celle de ne pas
faire le camp cet été m'achèvent!
Je vous embrasse fort!


Simone 19/05/2010 22:24


saluti dall'Italia, vi seguiamo sempre ;)


famille Le Gallou 18/05/2010 21:16


Bonjour,
avec un peu de chance, vous verrez peut-être passer de grands voiliers au large, cette semaine: ce sont les class 40 de la "Normandy Channel race", eh oui, en glaouche dans le texte... avec, sur
l'un d'eux, notre vieil ami Halvard M.... Mais, il en est désolé, il n'a pas prévu de prendre de passagères cette fois-ci...
Profitez bien de ces pays où il fait beau plusieurs fois par jour!
Nous vous embrassons.


jfg 18/05/2010 09:25


A Dingle, village très étiré vers l'ouest, ne manquez pas le panneau "Last pub before USA", qui indique le dernier bistrot européen avant l'Amérique. C'est vrai ! Sinon, désolé que vous ayez
rencontré des aspirateurs à chaussures dans le Connemara. Mais il est difficile de faire autrement. Je vous embrasse, jfg.


Elie Bataille 17/05/2010 23:41


>
> Chère Mathilde, chère Fanny,

Je suis un de vos lecteurs très attentifs mais je n'ai pas jusqu'ici pris la peine de vous envoyer un petit mot.

En fait, votre périple m'inspire tant de réflexions que je n'ai pas le temps de vous les transmettre. Je suis très admiratif devant tant de courage et en même temps un peu jaloux de votre aventure
extraordinaire qui laissera en vous une empreinte indélébile dans votre parcours de femme. Continuez à ouvrir grands vos yeux, vos oreilles et votre coeur, conservez toujours cette extraordinaire
capacité à être curieuses de tout.

Bravo,

Je vous embrasse affectueusement et vous félicite de tout mon coeur.

Elie Bataille


Thibaud 17/05/2010 19:42


Trois compagnons en Irlande, combien en France !?