Vendredi 15 janvier 2010

Publié le par Fanny et Mathilde.


Finie la marche, bonjour le stop et le train pour un mois. Que ce nouveau rythme de vie est différent...


Voila plus de 10 jours que nous avons quitté les braves qui avaient fait le voyage en Grèce pour le passage à la nouvelle année.
L'aéroport quitté avec un coup de tramway, nous tendons le pouce pour rejoindre le nord de la Grèce.  Une première voiture nous dépose dans l'endroit idéal pour faire du stop : dégagé, avec du passage, juste avant la voie rapide. Un homme nous prend...pour nous déposer à peine quelques kilomètres plus loin dans le pire endroit pour faire du stop : au milieu de nul part, sans aucun passage que la sortie de l'autoroute...
Bref, nous finissons par grimper dans un camion qui va à quelques kilomètres de Pella, là ou nous voulons aller, car avant de quitter la Grèce , nous voulons passer dans la ville qui a vu naître Alexandre le Grand.
Mais sur le trajet, le téléphone sonne, on nous attend à Lamia, c'est à mi chemin avant Pella, nous y descendons et rencontrons enfin Kostas, un ami qui nous a bien aidé en nous recommandant des amis à  lui, tout au long de notre périple en Grèce .
Nous passons une agréable soirée à rencontrer d'autres amis, à discuter de nos visions du monde respectives, etc. Le lendemain, nous refaisons du stop, sur notre chemin pour Pella : les Météores, site emblématique de la Grèce byzantine, ou les monastères orthodoxes rejoignent les cieux.
Nous y rencontrons là des scouts grecs, mais qui n'ont pas grand chose à voir, ni avec notre vision de l'esthétisme, ni avec celle que nous avons du scoutisme...
Nous visitons un monastère, marchons quelques kilomètres dans ce décor de rêve mais malheureusement baignant dans le brouillard...
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Nous refaisons du stop et c'est encore un routier qui s'arrête et il va à Pella, merci notre bonne étoile! Il nous dépose dans la ville pluvieuse vers 20h, nous partons directement chercher un coin de champ pour poser notre tente, cela fait bien longtemps que nous ne l'avions planté seules...
Au matin, la tente est détrempée par l'humidité, nous rangeons tout, prenons un petit déjeuner très frugal et partons visiter les ruines de l'ancienne Pella. Le site est désert, pas vraiment bien aménagé, nous ne trouverons pas l'entree, et entrerons par un chemin détourné..
Il n'y a plus grand chose à voir, sauf se rendre que c'était très étendu. Nous nous arrêtons ensuite dans un café où nous passerons la journée... et oui! aujourd'hui, c'est la "mission pot de pus" : 120 cartes de voeux à faire (coller les photos sur le papier rigide) et à écrireet comme chacun de vous est unique, ça nous prend du temps!
Des heures plus tard, nous avons enfin fini! un groupe de grecs s'approche de nous, ils sont intrigués "D'où venez vous?" "Que faites vous là?" " A pied??!" " Venez plutôt boire un verre avec nous!"
                                         r. Pella, cite d'Alexandre le grand, quel acceuil !
Nous nous retrouvons donc attablés avec des jeunes de Thessalonique, deux soeurs, leurs amis et le patron du bar, nous discutons politique, société, tous les sujets y passent, conclusion? il n'y pas de tabous en Grèce! et c'est très agréable de parler sans se demander si, un sujet délicat abordé, les autres ne vous mettrons pas dans une case et ne vous écouterons plus!
L'anglais facilite la communication, ils le parlent parfaitement! Le patron du bar nous offre tournée sur tournée, bien décidé a nous faire découvrir les différentes boissons, faites maison, de sa région...

La nuit bien avancée, ils refusent que nous montions la tente et nous offrent l'hospitalité dans une petite maison. Le lendemain matin, ils nous emmènent en voiture à Thessalonique, alors que nous quittons Pella, une silhouette familière est assise sur la place..."arrêtez vous les gars" ...on saute de la voiture, c'est Nicolas, notre ami que nous essayons vainement de joindre depuis une semaine!
On l'embarque, nous passerons la journée ensemble a Thessalonique. Nous visitons la ville et rencontrons Kostas ( un autre!).
                                                s. Thessalonique ... Nico on t'a retrouve enfin !
Le soir, il faut se quitter, Nicolas repart vers le Sud, nous vers la Bulgarie. Dans la gare, nous voulons faire un brin de lessive, la dame pipi appelle la sécurité, bon... nous sortons de la gare et s'apprêtons à cuisiner. Il est 21h, nous sommes sur le côté de l'entrée de la gare, derrière des cyprès. Nous nous étions imaginés être tranquilles, et bien non! Le monsieur de la sécurité ne nous aime pas, il vient vers nous et nous exige de déguerpir, "vous genêz les gens dans les bureaux" (  à 21h?!), nous lui expliquons que nous voulons manger avant de prendre notre train, devant notre refus il s'en va et revient quelques minutes plus tard avec l'artillerie lourde : 5 CRS armés de pied en cap, un parle un peu anglais " euh, nous sommes scouts et mangeons avant de prendre le train..." Ils ont l'air bien embêté de s'être fait déplacés pour si peu, mais pour ne pas décridibiliser leur collègue de la sécurité , ils nous disent de cuisiner plus loin mais que nous pouvions manger la...que tant de peines pour si peu de choses!!

Bref,  à minuit et demi après s'être séparées de Nicolas, nous voilà dans un train pour Sofia, mais un train à la mode bulgare : des compartiments, des fenêtres qui s'ouvrent en rythme à chaque ressaut du train, et il y en a beaucoup et dehors, il fait froid! Les portes sont ouvertes et nous ne sommes pas tres rassurées quand nous voulons aller aux 'toilettes" (qui ne ferment pas, sans eau, ni papier, un espace avec un trou sur les rails quoi...)
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C'est pas grave, nous allons dormir nous disons nous, c'est sans compter qu'en 5h de voyage, on se fait réveiller 4 fois pour les contrôles des billets et des pièces d'identités, il faut dire que les trains ne sont pas très bien fréquentés et que des éclats de voix se font entendre regulierement !
Nous arrivons dans la petite gare de Blaegovrad, déserte à 5h30 du mat', pas de bus avant 8h, nous sommes dans un sale quartier, alors nous nous décidons de prendre un taxi pour faire les 30 kms qui nous séparent du monastère de Rila où  nous souhaitons aller. Le chauffeur nous annonce 20 Lev ( c'est a dire 10 euros), très bien nous montons, il s'arrête dans la ville de Rila, à mi chemin et alors que son compteur indique 15 Lev il nous en demande 20 pour de suite ou 30 pour le monastère, ah que non mon pti monsieur! Nous exigeons de descendre tout de suite pour 15 Lev et voyant qu'il ne nous aurait pas, il accepte de nous emmener au monastère pour les 20 Lev initiaux...
Il nous dépose enfin, il est 6h, nous sommes exténuées et plantons la tente à quelques mètres du monastère pour quelques heures de sommeil réparateurs.
                                         Rila 1
Vers 10h, nous émergeons et visitons ce joyau de la foi orthodoxe, c'est très beau et l'arrière fond de la montagne enneigée aide au spectacle.
Des Ukrainiens adorables nous redescendent à la gare la plus proche et nous voici embarquées pour Sofia. Boyan, ami d'amis, vient nous chercher, il fait pour quelques jours un tour de la  Bulgarie pour voir ses amis et nous l'accompagnerons. Pour l'heure nous faisons connaissance autour d'un délicieux repas dans un restaurant bulgare, au son des musiques traditionnelles et des danses que tout le monde pratiquent de façon très naturelle. On nous offrira même un cd de ces danses.
Le lendemain, nous visitons Sofia, ses célèbres Alexandre Nevski et Sainte Sophie, flânons dans les rues de la capitale bulgare, après une bonne nuit de sommeil, c'est déjà l'heure de repartir : Plovdiv nous voici! Boyan nous confie à des amis à lui, nous passons une très bonne soirée, à rire et échanger avec ces sympathiques bulgares qui nous font découvrir leur ville de nuit, Plovdiv est connue pour être une des villes bulgares au style de "l'eveil national" le plus caractéristique et le plus prononcé. Elle est en effet très belle.

Nous la quittons le matin, en route, ou plutôt en train pour Burgas. Figurez vous que notre SNCF n'est pas la seule  à faire la grève, ils font ça très bien aussi en Bulgarie, sauf qu'ici toutes les annonces sont en bulgare, heureusement qu'une vieille dame parle français et nous indique la marche à suivre pour arriver à destination.
Arrivées, nous rejoignons Boyan et ses amis, malheureusement la barrière linguistique nous empêche de comprendre et participer. Pour Fanny c'est pire, Boyan ne parle qu'allemand et je dois lui traduire à chaque fois. On a beau râler contre l'empire de l'anglais, c'est vraiment pratique!
Le lendemain nous allons visiter avec Boyan et Assen la cité balnéaire de Sozopol qui est très jolie avec ses maisons en bois mais surtout, surtout, nous sommes sur les rives de la mer noire, le point le plus à l'Est de notre périple! Cette fameuse mer noire et ses enjeux géopolitiques que nous entendons en cours ou lisons dans les journaux...
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Il est malheureusement déjà temps de repartir, direction Pazardzhik où nous passerons la nuit, avant de repartir vers Koprivstica, ville dans les balkans bulgares, perchée a 1000m d'altitude où il neige. Nous visitons les maisons traditionnelles, celle qui nous touche le plus est celle de Dimtcho Débélyanov, poètebulgare. La visite se fait au son de la lecture des poèmes, en français pour nous, ils sont très beaux ( voir article suivant ). Sur la pelouse devant la maison, il y a la statue de sa mère, elle attend désespérément le retour de son fils, fauché sur les champs de bataille en 1916...
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Nous repartons et arrivons à Sofia. C'est là où s'achève notre tour de la Bulgarie avec Boyan. Le lendemain, nous repartons seules et en train pour Veliko Tarnovo où nous sommes actuellement. Nous avons visité la ville ce matin, dont l'imposant château des tsars, et vous donnons maintenant des nouvelles, mettons des photos en ligne...et envoyons des messages à nos 'amis facebook' car nous avons décidé d'effacer notre page facebook: au revoir le virtuel, place à la réalité, appelez nous pour aller prendre un verre à notre retour!
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Le sentiment de cette première partie en train? Vive le raid!! En train nous choisissons ce que nous voulons, sommes comme des touristes, restons dans les villes, ratons la campagne et sa réalité. Au moins, si il nous manquait encore des raisons, sommes nous vraiment persuadées que le raid est la meilleure échelle de déplacement pour découvrir un pays!

Publié dans Carnets de voyage

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Madeleine 23/01/2010 11:14


Mes chéries...

Nous avons bien reçu votre carte, magnifique!! Vous avez du en passez du temps pour nous poster, à nous tous, une carte personnalisée... Vous nous vendez du rêve.
Que fait Nico, au bord d'une route, en grèce? J'ai bien ri en vous lisant. Merci de ce moment de détente virtuelle!!

Notre appartement prend forme et n'attend plus que vous pour y prendre un verre en racontant les péripéties de votre magnifique périple.

Je vous fais un petit mail d'info diverses très vite pour vous tenir au courant de nos petites vies de parisiens!

Je vous embrasse bien fort! Bon courage à l'Est!


raymond et frederique ferrand 22/01/2010 16:22


en vous remerciant de vos voeux,qui nos touchent,marchez encore et racontez nous notre Europe amitiés


famille Le Gallou 22/01/2010 14:34


Bonjour Mathilde et Fanny!
La "mission pot de pus", aidée par les postes bulgares, est arrivée à bon port! Nous sommes très touchés d'avoir fait partie des heureux élus! Merci pour cette magnifique photo de Grèce. Sempre
avanti! (c'était la devise de Marguerite de Savoie, reine d'Italie et vaillante alpiniste à la fin du XIXe siècle.)


morgan 21/01/2010 18:53


A ce que je vois, même si le moyen de locomotion est différent, rien n'a changé dans l'esprit. Pour facebook, je vous avoue que ça m'avait fait bizarre de vous croiser dessus... Content que vous le
laissiez aux pauvres vagabonds du virtuel que nous sommes!
Et puis bonne année puisqu'on ne peut pas vous écrire de carte.
A bientôt les filles, et attention sur les routes quand vous serez en Roumanie.


jfg 19/01/2010 14:53


C'est merveilleux qu'il y ait encore de jeunes lectrices pour de vieux poètes symbolistes. Pour la petite histoire, le nom de Debelyanov, poète très peu optimiste comme vous l'avez vu, a été donné
à un cap de l'Ile Robert, située très très au sud du cap Horn, dans des mers plus que glaciales.


Thibaud 16/01/2010 13:34


C'est vrai que ratez quelque chose en épargnant vos jambes; vu l' état des trains, voyager en Bulgarie, c'est une machine à remonter le temps!
Bonne prestation au libre journal des lycéens!


Alix 16/01/2010 12:03


Contente de vous lire!!
Continuez ainsi et profitez pour nous!


Frédérique Ferrand 16/01/2010 09:11


Un très très grand bravo pour vos deux conclusions : abandon du virtuel "facebook" (boite à ragots des petits hommes, perte de temps absolue) et certitude que le temps de la marche et mille fois
plus intense et plus riche que les visites touristiques et citadines... et pourtant l'un n'empèche pas l'autre. BRAVO, vous nous enchantez !


Ugo 15/01/2010 23:30


Già a Tessalonica! Quanta strada: bravissime.
Un caro saluto a voi da Cremona.
Ugo e Laura.
Sempre avanti!


simone 15/01/2010 20:55


forza bimbe, continuate così