Vendredi 6 Octobre 2009

Publié le par Fanny et Mathilde.

Chère famille, chers amis, chers lecteurs,

De l'eau a encore coulée sous les ponts depuis notre dernier article.
Nous sommes à présent à Acquapendente, petite ville nichée au creux d'une colline, dans la région du Lazio ... à moins de 200 km de Rome !
Cette journée est consacrée au repos : ce matin, réveil à 9H !! Enfin une grasse matinée, car ces derniers jours nous avons avalé les km ! Parfois jusqu'à 50 bornes par jour ! Ces soirs là, notre sang martèle nos tempes, nos corps sont las et nous tombons comme des masses endormies jusqu'à l'aurée du jour.
Mais, vous qui etes bien au chaud, dans vos foyers, vous devez peut-etre vous demander comment se passe une de nos journées.
Le principe est simple : réveil à 6H, juste avant le lever du jour. Pendant qu'il fait encore nuit, nous plions nos duvets et notre tente, nous rangeons notre "tenue lutin" (calecon chaud+T-Shirt à manches longue chaud), remettons toute la nouriture sur le dessus du sac, avec encore au dessus la parka pour la pluie et la bouteille d'eau. Oui, nos deux poches à eau sont percées et à la poubelle depuis longtemps, nous buvons maintenant dans des bouteilles en plastique un peu épais, que l'on trouve pour 6 sous dans n'importe quel supermarché.
Autre inovation, nous transportons seulement la nouriture du repas suivant, notre sac en est fortement allégé et notre dos s'en porte mieux. Nous avons juste un paquet de "pates cuisson rapide" en nouriture de secours ... mais pour l'instant, tout va bien, nous rencontrons régulièrement des épiceries ou "alimentari" sur notre chemin.
La nouriture occupe une place importante pour nous ! Car en plus de vouloir manger sainement, des produits de saisons et locaux, tout bon raider vous le dira, rien de pire que de commencer à imaginer perdreaux et sangliers rotis pendant la marche ! Imaginer des menus gargentuesques nous occupe parfois l'esprit pendant des kilomètres. Mais la raison ( ou la réalité...) revient bien vite ! 
Il est quand meme nécessaire de manger bien et bon, pour le corps, comme pour le moral ! Souvent, nous nous disons chanceuses de posséder une gamelle qui nous permet de cuisiner. Le seul problème est le gaz : nous avons du mal à trouver des cartouches pour notre réchaud ! Seules les grandes villes possèdent des magasins spécialisés "montagne" pour ce type de recharge !
Bientot notre dernière sera vide, tant pis, nous nous arreterons alors chez l'habitant pour faire cuire nos repas. Et ce sera l'occasion de discuter  au hasard des rencontres, avec des gens aussi divers qu'intéressants.
La journée est donc rythmée par le soleil. Nous nous levons juste avant lui, et nous couchons également juste avant lui.
L'idéal est de trouver à partir de 16H un endroit plat et abrité (du passage, du vent et de l'humidité) : une lisière de foret convient par exemple.
Dès que nous posons au sol notre sac de 15 kg environ, il nous faut d'abord enfiler rapidement la polaire pour ne pas attraper froid. Nous pouvons ensuite monter notre tente et préparer le repas au réchaud. Nous dinons, souvent quand la nuit tombe, puis nous nous glissons dans nos sacs de couchages.
Depuis maintenamt quelques semaines, nous fermons complètement la tente. La température intérieure augmente très vite (mais très peu). On revet gants et bonnet pour pouvoir sortir nos bras du sac de couchage et écrire un peu sur notre molesquine les aventures du jour. Souvent les yeux se ferment sur les dernières lignes qui dansent et nous n'avons pas le temps de lire, nous dormons déjà. Mais parfois, une d'entre nous, impatiente de lire la suite de son bouquin, laisse encore un peu sa frontale allumée pour avancer d'un chapitre ou deux dans son roman. Tete beche, pour ne pas se gener nous dormons souvent d'un seul trait. Au petit matin, quand le réveil sonne, il faut s'extirper de la douce chaleur du duvet pour enfiler son short, son T-shirt, son chèche, on met ses chaussures dehors (et debout !), c'est le moment le plus dur !
Si nous avons une pomme dans le sac, nous la mangeons en route, sinon, nous ouvrons un paquet de biscuit, toujours les memes, pour patienter jusqu'aux premiers rayons de soleil. Alors c'est la première pause de la journée, on fini des restes de fromage et de pain, parfois on se fait une boisson chaude, de l'Orzo ou du café, parfois, on attends simplement le repas de midi pour manger chaud.
On marche, on marche, les chemins montent, s'étirent en grande ligne droite, puis redescendent en petits virages secs, pour buter sur une route, que l'on suit en file indienne. On a meme inventée une technique de marche sur les routes circulées car celle qui se trouve derrière ne voit rien à cause du sac de celle de devant : on fait une rotation, régulièrement et systématiquement.
Lorsqu'on est bien fatigué et pas très pressé, comme hier, on multiplie les pauses. La longueur de la pause dépend de la longueur d'un chapitre de "voyage au bout de la nuit", le livre que je lit en ce moment. Mathilde lit plus vite que moi, alors c'est moi qui donne le rythme. On boit aussi de l'eau, à température ambiante, en ce moment fraiche !
Et puis c'est repartie ! 5/6 km pour une heure de marche quand c'est plat, 4km quand ca monte.
Bien sure, nous traversons des villes !! Nous avons meme fait des détours en autostop pour visiter les merveilles de l'Italie . Florence, Sienne, Lucca ! Ici, des amis nous acceuillent, c'est à la fois reposant (pour le corps), et fatiguant pour l'esprit, en effet, on nous fait visiter la ville et ses environs, nous discutons aussi beaucoup avec nos hotes (en italien maintenant!) , que nous ne connaissons que par amis interposés, tous sont adorables, chacun dans leur style. En ville nous revetons notre tenue dite " civile" cela nous permet de faire des lessives et de soulager nos pieds.
Nos chaussures de marches s'usent, on a pourtant l'impression de les avoir achetées hier, pourtant de toutes petites rides viennent les vieillir sur le coté. Les semelles intérieurs commencent à se percer aux endroits les plus sollicités : au niveau du gros orteil et du talon. Il nous faut décidément trouver un magasin de sport pour changer la semelle, acheter du gaz et des guetres à Mathilde, les siennes ayant disparues de son filet droit.

Voici notre quotidien, chaque détail prend une importance notoire, la pluie nous mouille aussi bien qu'elle nous rafraichie, le vent nous fait tourner la tete, autant qu'il nous gonfle d'une force violente, le petit caillou au fond de notre chaussure nous blesse le pied jusqu'à ce qu'on ait le courage de s'arreter, tout simplement pour le retirer, chaque problème a sa solution, chaque chose désagréable, peut, avec un peu de volonté etre surmontée, tout nous dit de profiter, profiter, profiter !

Carpe Diem, chaque chose en son temps !
Mais restons actifs !

Publié dans Carnets de voyage

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vandenbergh Eddy 30/12/2009 13:34


salut les filles oui c'est moi Eddy de Bruxelles, merci de me faire partage votre aventure j'ai lu beaucoup j'ai une petit idée en tête faire un livre, (l'évasion de deux filles dans le royaume de
l'Europe.....) j'espere voix la suite de votre aventure je suis bloquée en dècembre Bisous et bon courage à bientôt Eddy


jfg 11/11/2009 11:04


Quelque chose vous vient, qui ressemble à une sagesse juvénile et enthousiaste. Magnifique leçon. Bravo. Le cuistot.


Romain 09/11/2009 16:00


Pensez à lire le Baron Perché d'Italo Calvino tant que vous êtes en Italie.
Grosses bises.


raymond Ferrand 06/11/2009 20:55


je m'impatientais!! enfin de vos nouvelles, elles ont un petit air de parenté avec les récits de marche de Tesson,normal il n'y a pas 36 façons de crapahuter.
Pour la suite j'ai un point de chute pour vous chez des amis à Corfou en Grece si vous êtes interessées me le faire savoir, je contacterai Philippe G.
allez ,continuez,nous sommes passionnés


ludo 06/11/2009 19:39


Salut les filles, ça a plutôt l'air d'aller!!

Profitez à fond,

Ludo,

PS: vous pouvez modifier le lien vers le site des croqueurs car l'hébergeur n'existe plus, la nouvelle adresse est : http://lescroqueursdemondes.free.fr
Merci


Charlie 06/11/2009 16:45


S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème.


Erica Raymond 06/11/2009 16:04


Salut les filles,
C'est toujours un bonheur de vous lire,
Grace à tous ces petits détails d'une journée, on peut vous imaginer dans votre tente, sur les grands chemins, en train de cuisiner!..
Votre lexique m'a bien fait rire même si j'ai l'impression qu'il y a un peu de "private joke"
C'est super vous gardez le moral et le courage, et vous avez raison de profiter!
On est de tout coeur avec vous,
Erica